28 juin 98


La conscience

quelqu'un vient
son pas m'est familier
il sort de la nuit
marchant sans bruit
il arrive de là-bas ou d'ici
je l'ignore
j'ai déjà vu son regard
quelque part
couleur d'un ciel d'hiver
bleu glacial
comme les yeux des huskies
moitié loup
moitié chien
il me fait peur
je suis tout en sueur
j'ai froid dans le dos
je suis gelé jusqu'aux os
il ne lâche pas prise
il me guette sans cesse
il me connaît comme s'il m'avait fait

il n'habite nulle part
il me suit comme un cauchemar
moitié soûl
moitié sein
il est imprévisible
je me méfie de lui
il me file à la trace
me fixe du coin de l'oeil
il lit dans mes pensées
même les plus intimes
il met mon âme à nu
il dévoile mes secrets
il débusque mes intentions
il s'infiltre en moi
y fait son gîte
il me scrute de l'intérieur
il appartient à mon passé
en même temps qu'à mon devenir
il me tutoie
comme s'il était moi




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