Le 6 septembre 98


La beauté du diable

l'automne est là
il brille d'un air trompeur
en étalant un iris multicolore
mais il ne faut pas se leurrer
il s'agit bien du regard de la mort
qui nous fixe sans vergogne
à travers ses yeux vaporeux
il est venu le temps
de tourner une autre page
de pleurer un autre été
qui s'en va
qui s'en est allé
en marchant à reculons
au fur et à mesure qu'elle flambait
la forêt majestueuse
la beauté automnale
la beauté du diable
fugitive et mortelle
a mis partout le feu
rendant squelettiques les arbres feuillus
qui bientôt grelotteront sous la neige
la neige noire de nos hivers sans fin
mais qui me rendra mes fleurs
mes rêves
mon soleil chaud et brûlant
que j'aimais tant
qui me rendra mon été
toi ma mie
ma bien-aimée
viens me réchauffer
déjà je frémis de froid



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