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Là-bas au chaud
je voudrais changer d'horizon me rendre en ces pays heureux où le temps est toujours beau et le ciel continuellement bleu là où l'air est si tiède et si chaud que le soleil brûlant se rafraîchit en se trempant les pieds dans l'eau je voudrais quitter sur-le-champ ce bout lointain du continent où il fait froid pendant si longtemps que les mots gèlent dans l'air et que lorsque paraît le soleil ses rayons frileux restent figés incapables de nous réchauffer je voudrais tout au loin partir vers une île qui héberge l'été où l'indolence est considérée vertu et l'insouciance bénie des fées où les gens vivent libres et nus où ils se bercent dans des hamacs en oubliant le temps et son tic tac je rêve que je meurs en ce paradis où des fleurs à nulle autre pareilles répandent des parfums doux et divins mais voilà que sonne le réveil matin et qu'il me faut malgré tout me lever alors qu'à la fenêtre je vois la neige qui tombe hélas sans jamais se lasser demain j'irai naviguer là-bas dans la mer où chantent les sirènes pour m'enlacer dans leurs bras pour écouter leurs voix enjôleuses pour mourir en extase amoureuse et ainsi disparaître comblé à l'extrême en vous léguant ce dernier poème |