17 décembre 98


Là-bas au chaud

je voudrais changer d'horizon
me rendre en ces pays heureux
où le temps est toujours beau
et le ciel continuellement bleu
là où l'air est si tiède et si chaud
que le soleil brûlant se rafraîchit
en se trempant les pieds dans l'eau

je voudrais quitter sur-le-champ
ce bout lointain du continent
où il fait froid pendant si longtemps
que les mots gèlent dans l'air
et que lorsque paraît le soleil
ses rayons frileux restent figés
incapables de nous réchauffer

je voudrais tout au loin partir
vers une île qui héberge l'été
où l'indolence est considérée vertu
et l'insouciance bénie des fées
où les gens vivent libres et nus
où ils se bercent dans des hamacs
en oubliant le temps et son tic tac

je rêve que je meurs en ce paradis
où des fleurs à nulle autre pareilles
répandent des parfums doux et divins
mais voilà que sonne le réveil matin
et qu'il me faut malgré tout me lever
alors qu'à la fenêtre je vois la neige
qui tombe hélas sans jamais se lasser

demain j'irai naviguer là-bas
dans la mer où chantent les sirènes
pour m'enlacer dans leurs bras
pour écouter leurs voix enjôleuses
pour mourir en extase amoureuse
et ainsi disparaître comblé à l'extrême
en vous léguant ce dernier poème