8 mars 99
Jour paisible
à l'aube
encore ensommeillé
le jour a radoubé ses brèches
après des rafales ravageuses
craquelures de l'hiver
il a détaché les amarres de la poupe
puis s'est dirigé en plein soleil
dans l'opulence de la mer
la nuit s'est perdue dans son sillage
et les rêves de mauvais augure avec elle
qui se sont envolés
sans laisser de trace
ils ont sombré dans l'oubli
à tout jamais
les voiles sont carguées
et les heures coulent dans la lumière
se laissant emporter par le temps
au gré des courants
ballottées par un faible clapotis
voilà que renaît la vie
entre les bras amoureux
qui se collent à la peau
et qu'accompagne la douceur des regards
les coeurs valsent sur cette musique
sans crainte des trouble-fêtes
tant la joie est immense
dans la clarté éblouissante
les mains se rejoignent
se parlent et s'accompagnent
tandis que file le jour
qui bientôt de nouveau
disparaîtra dans le crépuscule
à l'ombre du soir