12 février 99
Illusion
perclus de fatigue
le cœur ne cesse de frémir
il songe à ce qu'il est
à ce qu'il va devenir
l'âme navrée se tait
pendant que les vents mugissent
se déchaînent
contre les voiles
mains jointes dans un ciel
qui se rembrunit de colère
l'horizon a disparu
s'est perdu dans la tempête
la boussole s'affole
ne reconnaît plus l'étoile polaire
elle a égaré son point d'ancrage
la terre tourne en rond
solitude de la mer
qui nage partout sans savoir où
où elle va
d'où elle vient
elle nous porte au creux de sa main
fragile voilier
qui se croyait libre
libre de choisir son chemin