Le 8 août 98
Hors du temps

je m'enfuis hors du temps
je n'y compte plus
je glisse dans l'infini
des astres silencieux
qui se déplacent sans peine
à des années de lumière
dont je cueille les reflets
mirages d'autres univers
qui échappent aux humains
à leur regard myope

le ciel est là
au-dessus de ma tête
grouillant sans bruit
dans la fixité d'un instant
je le vois à peine bouger
moi si petit sur la terre
il s'étire dans l'espace sans fin
depuis avant le commencement
avant la naissance fortuite
de notre minuscule planète

dérisoires sont nos cris
qui se perdent dans l'espace
cris de souffrance
qui sont lancés sans espoir
la terre tourne en rond
sans savoir qu'elle tourne
ceux qui l'habitent
l'habitent en ignorant leur petitesse
ils continuent à vivre
comme s'ils étaient immortels



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