Le 31 août 98


Harpes éoliennes

mon coeur broie du noir
sous un soleil éclatant
alors que la brise tourbillonne
qu'elle enveloppe l'air de sa fraîcheur
qu'elle danse avec légèreté
je vais et je viens
je me sens inquiet
je cours après le bonheur
en vain
en moi tout est silencieux
je cherche des mots
que je puisse prendre par la main
à qui je puisse me confier
sans qu'ils ne s'envolent
indifférents comme des oiseaux
je cherche des mots
qui me réconfortent de leur chaleur
de leur douceur
des mots silencieux
qui rendent compte de mon silence
de mes états d'âme
de cette douce mélancolie
qui en moi se berce
sur un air de violon qui frissonne
dans les chevelures des arbres
qui les fait vibrer
comme des harpes éoliennes
mais voilà que les cordes s'emballent
qu'elles frémissent avec une telle langueur
que leurs sons plaintifs et chagrins
font gémir mon cœur
qui sous un soleil éclatant
se met à broyer du noir
sans que j'en connaisse la raison



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