13 février 99



Fugacité


la rivière coule sous la neige
elle transporte au loin ses rêves
à l'abri des regards
elle polit les pierres
silencieuses au fond de son lit
qui depuis si longtemps
dorment repliées sur elles-mêmes
elles conservent immuables
dans le secret de leur pérennité
les mots du monde
ceux de la naissance
ceux de la patience
ceux du temps qui passe
qui va son chemin
elles sont la mémoire
close et fermée
d'un passé lointain
qui nous parle à travers les âges
à nous
qui ne sommes que du matin
fleurs éphémères
qui vivons le temps d'une floraison
pour bientôt nous faner et nous taire
à la fin d'une courte saison