5 janvier 98
Le fleuve
hiver infini
né de la toundra nordique
tu pousses ton souffle givrant
jusqu'aux portes de la ville
le temps se fige
ralentit sa marche
le fleuve gelé
comme une écorchure
longe les rives
sous les énormes glaces
l'eau coule
froide et fluide
inlassablement
vers la mer
toujours semblable
mais jamais la même
nul repos
toujours en départ
venant de partout
pour se jeter sans fin
dans les bras de l'Atlantique
sablier immémorial
des temps anciens
mémoire archaïque
des ancêtres
débarqués il y a trois siècles
sur ce jeune continent
comme nous
en ce naguère
ils regardaient le fleuve
scander les générations
comme l'eau qui file
quelle que soit la saison
le temps passe du présent au passé
alors que debout
regardant devant soi
l'avenir aveugle
dépourvu
ne voit rien venir
avant qu'il ne soit
advenu
*
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