Le 20 octobre 98


Fin du jour


le jour traîne sa fatigue
dans les rues bruyantes de la ville
les gens pressés s'entrecroisent
sans se regarder
sans se parler
ils ignorent le soleil
qui entre les gratte-ciel
se retire au couchant
en faisant miroiter sur les tours de verre
les couleurs spectrales
du crépuscule
arc-en-ciel éphémère
qui disparaît avec la nuit

les étoiles au-dessus de la cité
envahissent les cieux
elles poussent les horizons
aux frontières de l'infini
elles balisent les limites des regards
qui se perdent dans un tissage de rêves
les paupières se referment
pour emprisonner les songes
dans leur propre univers crépusculaire
là où les gens sont unis entre eux
par les mêmes inquiétudes
par les mêmes espérances
par la même destinée


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