Le 30 août 98


Fin d'été

le temps file comme rivière
qui chemine dans son lit ombragé
il s'apprête à changer de saison
à passer d'un paysage fleuri
à un paysage meurtri
le soleil impassible
prend ses distances
il s'éloigne de nous
inlassablement jour après jour
il nous prive de l'été
de sa chaleur
de ses caresses
il cueille une à une
les fleurs qui nous ont embaumés
de leurs parfums
de leur tendresse
nos coeurs sont en deuil
ils ont la mort dans l'âme
ils se taisent anéantis
ils se voilent la face
ils tentent de trouver refuge
dans les souvenirs
ou dans l'oubli


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