28 juillet 98



Fin des vacances

la nuit ambitieuse
vole du temps au jour
elle le fait de façon sournoise
en retardant chaque matin
un peu plus l'arrivée de l'aube
et le soir en poussant devant elle
de plus en plus tôt
l'ombre rougeoyante du crépuscule
en nous la fête perdure
mais pour bientôt
nous sentons la clôture du bal
il y a comme une sensation de finitude
de fin de voyage
d'arrivée au quai et d'accostage
nous débarquons avec la joie au coeur
heureux d'être de retour chez soi
mais en même temps nous ressentons
aux entrailles des pincements
une tristesse de retrouver le quotidien
l'angoisse du retour à bon port
la tête bourdonne de paysages exotiques
pendant que tout autour
le train-train d'hier
revient nous chercher
la routine nous menace
en vain pour y échapper
nous luttons par tous les moyens
mais nos folles équipées
prennent peu à peu place
parmi les souvenirs de vacances




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