27 mai 98


Fièvre amoureuse

le ruisseau ne ment pas
quand il murmure son chant
doux et cristallin
quand il serpente avec nonchalance
jusqu'au fleuve qui au loin
s'ouvre sur la mer et s'y noie
il voyage et se laisse vivre
sa surface lisse fixe les cieux
onde pure dans laquelle se mirent
en passant les nuages
qui flottent à sa surface
comme des bateaux
qui vont à contre-courant
tout comme le coeur
qui bat à contre-jour
qui souhaiterait pouvoir s'arrêter
s'ancrer dans ton regard
se nicher dans le bonheur
pour admirer le ciel
à l'envers de l'eau
se percher sur une branche
comme l'oiseau
se souder à tes lèvres offertes
se reposer sur tes grèves
douces et sablonneuses
déposer tout ce qui inquiète
entre tes mains ouvertes
se coller à ta peau qui tressaille
d'une fièvre amoureuse


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