8 janvier 99


Face lunaire

tu es là
à m'épier
ton oeil de chat
luit dans le ciel
perdu parmi les étoiles
agate brillante
au reflet froid
tes cils de nébuleuses
entourent un regard veule
lune sournoise
tu te caches dans la nuit
tapie dans l'ombre
celle d'un animal
au pelage moiré
qui vient dans le sommeil
me hanter
griffon ou chimère
figure hideuse
tu crains la lumière
tu caches ton visage
derrière les épais nuages
dans le noir tu te terres
troublant mon âme
jusqu'au moment où enfin
je m'éveille
le corps effrayé
les os gelés
le coeur tremblant de peur
je regarde par la fenêtre
tu as disparu
me laissant seul
avec mon cauchemar
pendant que l'aube
aux douces joues
caresse le jour
qui lentement se lève
en ouvrant sur moi ses yeux
remplis de tendresse