28 mai 98
Étreinte passionnée
la journée ploie sous la lassitude
elle arrive à la fin de sa course
ses paupières sont lourdes
fermées à demi
la tête s'appesantit
les branches des arbres
bercent leurs mains pleines de fleurs
l'écorce cache ses blessures
par simple pudeur
le corps meurtri tait sa douleur
il se réfugie sur ta peau nue
doux et tranquille rivage
où il s'arrête pour s'embosser
au-delà de tes rives vallonnées
les pelouses verdoyantes
se rafraîchissent dans l'air de l'été
le navire se colle à tes flancs
pour y mouiller pendant la nuit
pour s'y endormir
il se laisse bercer par les vagues
dans l'odeur de l'air salin
que dégage la cyprine de ta chair
quand frémissent les nymphes
écume douce de la mer
précieux don de la belle Aphrodite
aux amants épris pour toujours
à ceux qui brûlent de la même ardeur
qui se consument du même amour
dans l'étreinte du soir étoilé
ils ont tous les deux les yeux fixés
sur leur horizon intérieur
perdus dans un seul regard
enlacés dans une intense ferveur
ils partent en silence
sur les eaux calmes
vers la paix et la volupté
c'est là-bas tout au loin
tout au bout de la nuit
qu'ils abriteront leur bonheur
*
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