16 janvier 98

Étreinte


va et vient des marées
mouvements langoureux
incessants
plages étrillées par les remous
par les vagues lancinantes
chairs labourées par les caresses
prise et emprise
du jour et de la nuit
possession amoureuse
violence indomptée
d'un corps à corps qui exsude

comme le sable
nos peaux sont lacérées d'écume
le vent se lève
après notre départ
il brouille sur le rivage
nos silhouettes réunies
par notre étreinte
il pousse les flots sur la grève
qui en se retirant
s'emparent de nos empreintes
qui pour un moment
signaient notre présence

dans les derniers rayons du couchant
miroite la mer
froissée par la brise
au loin disparaît
un vol de mouettes rieuses
aux cris stridents
alors que les yeux dans les yeux
à jamais amants
nous restons en silence
amoureux


*
(Retour à l'accueil)