Le 27 octobre 98


Entre deux saisons


elles gisent par terre
les feuilles mortes
qui gémissent sous les pieds
froissements d'ailes
des oiseaux qui s'envolent
vers de lointains étés
le balancier de l'horloge
marque les secondes qui passent
d'un pas inflexible et décidé
la terre se métamorphose
elle change de saison
elle étouffe dans sa gorge
les rires et les chansons

nous sommes là
scrutant l'horizon
l'oeil en alerte
l'âme à l'abandon
nous aimerions attendre
comme de vieux rafiots
endormis sur la rive
le retour du printemps
mais nous devons repartir
reprendre la mer
pour braver les tempêtes
pour faire face à l'hiver
pour affronter notre destin

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