Le 10 novembre 98


En retrait


on quitte le jour trop clair
parce qu'il nous voit
nous observe
on se cache dans l'ombre
dans l'obscurité de la nuit
loin des regards
trop curieux
trop bavards
on se fuit

on admire la lune qui luit
toute brillante
en paix dans le soir
on fait le mort
on ne dit mot
on attend
avec patience
que le temps passe
en silence

on ferme les yeux
on se retrouve seul
en retrait
seul avec soi-même
au-dedans
là où gisent nos secrets
on s'y couche
dans les bras du sommeil
on s'oublie

il n'y a plus aucun ailleurs
ici c'est le huis clos
au centre de soi
il n'y a aucun bruit de voix
aucun bruit de pas
on est ce que l'on est
ni ceci ni cela
et le moi se réconcilie
peu à peu avec soi


*
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