9 mars 98



Élégie


chant triste
à l'odeur de fin d'hiver
au parfum de l'ennui
qui me blesse de mélancolie
je tourne en rond
et avec moi ma peine
qui valse de son pas alangui
elle ne sait où aller
où se cacher
pour gémir sans cri
pour pleurer en silence
se délivrer de ce chagrin
qui tant m'afflige

chant triste
qui s'égrène en notes attendries
celles-là même de l'élégie
qui s'épuise avec lenteur
sans bruit
avec douceur
qui psalmodie à voix basse
pour ne pas déranger
ne pas attrister
ceux qui ont le coeur gai
qui ont des fleurs dans les yeux
en moi l'hiver s'étire
comme un tango langoureux