le jour blafard sort de son lit il s'étire avec paresse on le sent mais on garde les yeux clos on se tient silencieux stupéfié et craintif suspendu à nos rêves à ceux qui s'accrochent qui se tiennent à l'âme qui viennent de loin de si loin depuis l'origine du temps de notre temps ce sont des rêves rêvés depuis toujours depuis notre enfance et peut-être même qui sait bien avant en nous ils se sont enracinés impossible de les éviter de sortir de l'antre de se dessaisir de nos craintes ils nous épient à l'envers des jours ils s'épanchent comme un fleuve tourmenté venus du fond des âges ces rêves nous regardent de l'intérieur ils nous fixent sans ciller des yeux ils nous sont familiers en même temps qu'étrangers miroirs déformants dans lequel on se mire difforme et pétrifié enfant apeuré qui seul dans la nuit n'ose crier |