26 juin 98


Doux apaisement

quand tu me regardes
avec tes yeux doux
tu calmes en moi la tempête
les vagues qui foncent
contre la grève tout en colère
tu apaises la houle
qui se jette la tête la première
contre vents et marées

quand tu me parles tout bas
avec ta voix tendre comme une mélodie
tu domptes les chevaux sauvages
qui en moi piétinent de fureur
prêts à tout écraser sur leur passage
tu me fais voir les prés verdoyants
où ils pourraient galoper dans le calme
brouter paisiblement dans les pâturages

quand tu me caresses de tes mains
affectueuses et câlines
tu apprivoises en moi une meute de chiens
affamés qui vont se partager la curée
qui n'attendent que la sonnerie du cor
pour libérer la violence et la rage
qui les habitent au-dedans
et que tu sais si bien amadouer

quand tu déposes sur la mienne ta bouche
rouge comme une grenade
tu fais taire en moi les mots de furie
qui me rongent les entrailles
qui veulent crier à l'injure et à l'outrage
devant les injustices que l'on commet
quand on vit d'abondance au Nord
pendant qu'au Sud l'on meurt de faim

quand tu prends ma main
le monde change de couleur
je n'ai ni fiel ni douleur
je ne pense qu'à toi
mon bien le plus précieux
toi ma bien-aimée et mon amour
toi la prunelle de mes yeux
quand tu es là j'ai goût à la vie


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