Douce rêverie
sur les ailes du sommeil l'âme se laisse emporter elle glisse aux pays des songes au pays des merveilles laissant nos corps lourds dans l'insouciance de l'inconscient elle se laisse aller de bonne grâce légère et fluide comme l'air parmi les champs d'étoiles semés comme des fleurs qui scintillent elle les regarde avec enchantement les reconnaît comme des soeurs elle s'éloigne de la lune sévère qui la surveille de son oeil furibond pour aller nager au bout de l'univers dans la voie lactée source de son origine cet espace lui est connu elle se prélasse dans cette eau enfantine y retrouvant les lieux de son enfance puis elle s'en va tout au bout de l'horizon de l'autre côté de la terre pour y vivre le jour sous un autre soleil elle en revient la tête remplie de rêves qu'elle nous chuchote à l'oreille notre mémoire nocturne est la sienne peuplée d'un monde qui parle une autre langue qui vit dans un autre univers là où il n'y a pas de pesanteur ni de permanentes douleurs celles que nous avons s'enfuient au lever du jour l'âme se déplace en somnambule dans l'éther pendant que nos paupières sont emprisonnées par une profonde léthargie nous avons l'impression de marcher à l'envers on y voit des visages difformes qui continuellement se transforment en monstres ou en anges béats notre voix intérieure nous raconte des histoires qui n'ont ni queue ni tête qui nous font peur ou qui nous apaisent jusqu'au moment où l'âme nous revient et avec douceur nous réveille alors d'un seul coup elle provoque en nous l'oubli |