31 juillet 98



Douce rêverie

sur les ailes du sommeil
l'âme se laisse emporter
elle glisse aux pays des songes
au pays des merveilles
laissant nos corps lourds
dans l'insouciance de l'inconscient
elle se laisse aller de bonne grâce
légère et fluide comme l'air
parmi les champs d'étoiles
semés comme des fleurs qui scintillent
elle les regarde avec enchantement
les reconnaît comme des soeurs
elle s'éloigne de la lune sévère
qui la surveille de son oeil furibond
pour aller nager au bout de l'univers
dans la voie lactée source de son origine
cet espace lui est connu
elle se prélasse dans cette eau enfantine
y retrouvant les lieux de son enfance
puis elle s'en va tout au bout de l'horizon
de l'autre côté de la terre
pour y vivre le jour sous un autre soleil

elle en revient la tête remplie de rêves
qu'elle nous chuchote à l'oreille
notre mémoire nocturne est la sienne
peuplée d'un monde qui parle une autre langue
qui vit dans un autre univers
là où il n'y a pas de pesanteur
ni de permanentes douleurs
celles que nous avons s'enfuient au lever du jour
l'âme se déplace en somnambule dans l'éther
pendant que nos paupières sont emprisonnées
par une profonde léthargie
nous avons l'impression de marcher à l'envers
on y voit des visages difformes
qui continuellement se transforment
en monstres ou en anges béats
notre voix intérieure nous raconte des histoires
qui n'ont ni queue ni tête
qui nous font peur ou qui nous apaisent
jusqu'au moment où l'âme nous revient
et avec douceur nous réveille
alors d'un seul coup
elle provoque en nous l'oubli




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