Le 28 août 98


Désoeuvrement

on traverse les champs
en somnambule
sans voir les fleurs
qui les parent
comme des pierres précieuses
on va n'importe où
comme un roi désabusé
qui marche sous le soleil
en allant là où le conduit le sentier
qui suit sans l'entendre
le doux et frais clapotis de la source
on reste sourd
aux chants joyeux des oiseaux
on est en attente
d'un désir
on s'attend à tout
à un événement
à l'inattendu
qui briserait la monotonie
et machinalement on avance
toujours droit devant
rien n'arrive
on ne sait ce que l'on cherche
alors on vit sa vie
on la meurt
on l'use
on brûle le temps
on tue les jours
l'un après l'autre
fossoyeur de notre destin



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