28 décembre 97
Début d'hiver
la neige tombe
indifférente
sourde et lente
décolore les champs
efface les ombres
la nature se dénude
l'âme frissonne
inquiète
de cette nouvelle saison
qui recouvre les souvenirs
de ses lourds flocons
la mémoire reste muette
que de choses oubliées
joies et peines
qui ont parsemé
comme les perles d'un collier
les nuits et les jours
de cette année
qui finissent de couler
inexorablement
dans le sablier
des ans
de ma fenêtre
l'arbre que je vois
élance vers le ciel
ses mains décharnées
ses bras rugueux
en deuil de son feuillage
qui gît à ses pieds
dans le silence
un geai bleu s'est posé
sur une branche
comme un sourire
fleur éphémère
vite envolé
apportant sous son aile
les vestiges de l'été
gorgé d'amour
le coeur
tisse ses propres rêves
dans l'obscurité
ses nuits se colorent
des teintes magiques
des aurores boréales
qui exécutent
de façon magistrale
dans le fond de tes yeux
des entrechats
pour toi
pour moi
des danses féeriques
des pas de deux
*
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