|
Le 23 août 98
Dans une rue
en passant dans une rue
d'une petite ville perdue
j'ai entendu
un violoncelle qui se lamentait
son chant était d'une telle tristesse
que je me suis arrêté
pour l'écouter
au fond de moi la même détresse
résonnait en écho avec cette voix
si profonde
venant de si loin
j'étais en harmonie
avec ce musicien inconnu
qui faisait vibrer la rue déserte
de cette complainte
qui me parlait
à moi l'étranger
le promeneur du dimanche
il venait avec son instrument
rejoindre au fond de mon coeur
sans me connaître
une émotion à fleur de peau
qui que tu sois
violoncelliste anonyme
qui jouait cette quatrième suite de Bach
tu as de ton archet
fait résonner les fibres de mon coeur
fait tressaillir au-dedans de moi
les sanglots viscéraux
pour ensuite m'arracher sans pudeur
les gémissements douloureux
qui se cachent
au tréfonds de mon être
|