22 novembre 97

Corps à corps


ton corps allongé sur la plage
se laisse caresser par les eaux houleuses
nudité vierge encore sauvage
avide du premier baiser
tes formes onduleuses
si douces comme ton regard
qui d'un seul coup
remplit de franchise le jour naissant

ton coeur fait battre le sol
à pierre fendre
pulsations haletantes
au rythme du monde
passion dévorante
l'angoisse nourrit
des jours sans fin
sans lendemain

déjà apparaissent les mots
souples et ronds
qui ont goût de grenade
exotisme du paradis
faut-il se sentir coupable
de tant aimer
quand surgissent les soubresauts
de la passion
qui remplit nos âmes
de déraison
l'harmattan au souffle infernal
nous transporte
aux confins du firmament

ton sourire sait répandre la candeur
des plus harmonieux paysages
il apaise la tempête
la tourmente vient mourir sur la grève
les vagues sans relâche
reprennent leurs respirations lentes
elles s'étirent sur le sable fin
apportent le sommeil de la nuit
qui ouvre sa sombre paupière
sur nos yeux clos
sur nos corps entrelacés
seuls sur cette plage
où la fatigue nous a plongés
dans un profond sommeil
toujours unis
jusqu'au réveil
de l'aurore

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