8 décembre 97

Cauchemars


vertiges de la nuit
sortilèges de l'inconscient
rêves cauchemardesques
qui jonglent avec le temps
le transforment
le rendent difforme
méconnaissable
clowns aux visages fardés
sourires artificiels
grimaces hideuses
qui laissent quelque part
on ne sait où
sur les rives de l'âme
un goût de fiel
un certain dégoût

on a des monstres
qui dorment en soi
n'importe où
sur les berges du coeur
des souvenirs oubliés
qui refont surface
se réveillent et s'agitent
on est la proie de vents violents
fragile dériveur
sur une mer agitée

la fureur de la houle
les clameurs de la foule
on nous poursuit
on s'attend aux pires malheurs
personne n'entend
les cris étouffés
la voix plaintive
de l'oiseau égaré

on s'échoue comme une épave
les yeux rivés sur la beauté du jour
on s'étend sur la plage
on reste immobile
les cauchemars se dissipent
dès qu'on ouvre les yeux
comme par magie
tout ce monde intérieur
bouffonneries et horreurs
retournent dans l'oubli


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