1 décembre 97

Bonjour la nuit


bonjour
la nuit
ferme mes yeux
de tes doigts veloutés
apporte-moi le sommeil
la paix et la volupté
toi
l'incorrigible
l'envers du soleil
me voilà recroquevillé
la tête sur ton épaule
laisse-moi dormir
jusqu'à l'aube
dans tes bras
je veux mourir
jusqu'à demain
mon lourd fardeau
à tes pieds
déposé

bonjour
la nuit
visage sombre
qui efface les ombres
de mon front ridé
traces de folles années
enfouies dans la pénombre
d'une mémoire inoubliable
viens et penche sur moi
ton regard livide
apaise les craintes perfides
qui viennent me hanter
de ta main étoilée
disperse les inquiétudes
silence nocturne
je goûte ta solitude
reste silencieuse
je t'aime comme cela
taciturne

bonjour
la nuit
apporte-moi la douceur
de ton précieux refuge
sérénité du bonheur
je me sens rempli d'émoi
en tête à tête avec toi
je respire le parfum léger
de ta chevelure étoilée
qui flotte dans la galaxie
souvenir des âges lointains
perdus dans la voie lactée
la lune perplexe
sur ta pupille luit
elle appréhende le soleil
qui la jettera de nouveau
à son réveil
dans l'oubli

bonne nuit
le jour
passe ton chemin
tu es mort de fatigue
tu reviendras demain
la porte est fermée
cesse de frapper
je suis fourbu
épuisé
ne m'arrache pas à mes rêves
va-t-en au bout de l'horizon
où se couche en s'étirant
exténué et moribond
le roi des astres
la tête inclinée
il est en train de se cacher
je te tire mon chapeau
ma révérence
laisse-moi sommeiller
me reposer

bonjour
la nuit
le jour
s'est endormi
bonne nuit
le jour
bonne nuit
mon amour

*
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