13 janvier 98

Bonheur


chassée par le suroît
la tempête s'est enfuie vers le nord
des nuages effilochés
traînent dans le ciel
l'âme affligée
comme une fragile nacelle
sombre dans la tristesse
sur son île naufragée
on n'a envie de rien
on se referme sur soi
on fait l'inventaire de ses biens
peu de choses
presque rien

pourtant la vie est là
pas loin
au fond de tes yeux
au creux de ta main
pleine de richesses
que cachent de petits riens
qui coulent de chacun de tes gestes
ta présence est sortilège
elle m'envoûte
elle me protège
dans les bras l'un de l'autre
réfugiés
rien de fâcheux ne peut arriver
ô mon amour
si ce n'est l'éternité


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