Aube silencieuse
10 décembre 2001
Aux aguets
la goélette a déchiré la plage
le sable éventré reste muet
plus loin s'en sont allés les rêves
bien au-delà des écorchures
là où le jour cache son visage
tout au bout d'un long voyage
la soir veille encore et toujours
le regard aux aguets de la lune
le vent furtif remue dans les voiles
murmure lointain des étoiles
la carène du voilier se cambre
dans le mirage de la voie lactée
au fond de l'œil les astres dansent
pendus à l'envers d'un ciel immense
tout fait écho à la splendeur du vide
la mer si lointaine broie du noir
les instants se répètent à l'infini
collier d'ambre au cou de la nuit