20 décembre 98


Au seuil du jour

l'aube à la fenêtre
soulève lentement sa paupière
elle jette sur nous son regard
tendre et complice
alors que gisent couchés
nos corps amarrés
au milieu du lit défait
toi encore ancrée dans le sommeil
moi déjà éveillé sur la rive du jour
les yeux grands ouverts
le coeur tout rempli d'amour
après ce doux voyage au long cours

nos mains se sont nouées
puis elles ont longé et parcouru
les rivages de nos corps
naviguant d'abord à vue
pour ne pas se perdre
ni s'échouer sur une batture
puis nous sommes allés jusqu'au bout
jusqu'à l'extrémité de nos désirs
traversant la mer houleuse
pour se réfugier dans une crique
et s'y abandonner paisibles
au mouvement des vagues berceuses