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Au seuil du jour
l'aube à la fenêtre soulève lentement sa paupière elle jette sur nous son regard tendre et complice alors que gisent couchés nos corps amarrés au milieu du lit défait toi encore ancrée dans le sommeil moi déjà éveillé sur la rive du jour les yeux grands ouverts le coeur tout rempli d'amour après ce doux voyage au long cours nos mains se sont nouées puis elles ont longé et parcouru les rivages de nos corps naviguant d'abord à vue pour ne pas se perdre ni s'échouer sur une batture puis nous sommes allés jusqu'au bout jusqu'à l'extrémité de nos désirs traversant la mer houleuse pour se réfugier dans une crique et s'y abandonner paisibles au mouvement des vagues berceuses |