3 février 99



Aube printanière


une lueur mauve
au bout d'un ciel endormi
paupière de l'aube
qui s'ouvre sur un oeil réjoui
le soleil nous fixe
c'est le printemps qui s'éveille
il nous leurre de ses sortilèges
de ses faux espoirs
toujours prématurés
mais on se laisse prendre au piège
et le coeur bat tout joyeux
fiévreux
amoureux
pourtant les oies blanches
ne sont pas encore revenues
qui avec elles emportent l'hiver
vers ces contrées boréales
si loin d'ici
ce redoux n'est qu'illusion
n'est qu'éphémère
le froid nous guette
avec ses ruses de guerre
prêt à revenir à pas de loup
sournoisement
mais qu'importe la part du rêve
il est si doux de s'y accrocher
avant qu'il ne s'évapore
avec le froid et la neige
avec la prochaine tempête