17 juin 98


L'arrivée au port

j'ai le coeur au point mort
la mélancolie l'envahit de toute part
il bat la chamade
les yeux fixés sur la solitude
comme un rafiot à la dérive
il est figé d'angoisse
il a peine à flotter
à tout moment il risque de couler
la mort le guette
sa cargaison trop lourde
le met en danger
surtout que les vents se lèvent
remplis de mépris
ils soufflent avec colère
ils ravivent son anxiété
ils menacent à bâbord
puis attaquent à tribord
ils tournoient autour de l'embarcation
qui ne sait où donner de la tête
elle tente de jeter l'ancre
dans une eau hospitalière
mais la mer est encore trop profonde
le bateau n'arrive pas à prendre pied
à s'accrocher
il est désespéré

au loin apparaît une baie
et à son approche
le mistral s'enfuit en bourrasques
faisant place au doux zéphyr
qui réchauffe le coeur
et qui l'accueille avec tendresse
dans une eau calme et lisse
il se laisse apaiser par les chants
qui égaient le ciel bleu
il se fait apprivoiser
par les murmures enjôleurs des vagues
qui viennent le bercer
qui lénifient ses blessures
les algues frôlent de leur chevelure
sa coque où s'accrochent des coquillages
souvenirs lointains de folles aventures
il se déleste peu à peu
de ses amours anciennes
il se sent las et n'a aucune envie
de repartir à nouveau
pour une autre odyssée
il se cale dans le fond de tes bras
il y trouve la paix et l'amour
il s'accroche à toi
en y fixant ses amarres


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