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Arbre mon frère
je suis arbre je dresse dans l'air gelé mon profil fantomatique le vent siffle il pousse des sons stridents à travers mes branches squelettiques qui se projettent sur la neige en ombres froides je m'agite comme un pantin mais personne ne m'écoute les oiseaux m'ont fui m'ont délaissé me privant de leur chant dont j'ai la nostalgie je les appelle jour et nuit mais c'est en vain quelquefois même je hurle quand vents et rafales me torturent quand le blizzard cruel me givre mais personne ne m'entend personne n'a perçu mes cris je suis là haletant et fourbu emprisonné dans ma solitude je suis pétrifié de peur je flageole sur mes racines puis je m'endors je me mets à rêver à cette sève qui circule dans mes veines à ce printemps qui dort en moi à toutes ces pousses qui bourgeonneront au soleil quand de nouveau mes bras se dégivreront pour se couvrir de feuilles pour s'étendre dans un ciel bleu et s'ouvrir en un vaste parasol où les amoureux viendront se caresser se câliner alors je reprendrai vie je déploierai majestueuse ma chevelure fraîche et ombreuse les oiseaux s'amèneront pour s'y nicher et pour joyeusement y chanter |