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Le 27 mars 99
Après la grisaille
on a maté la peur
on va droit devant
sans aucune hésitation
malgré la solitude
malgré le noir
malgré l'inquiétude
malgré le soir
on entend au loin
les aboiements affamés
des chiennes
les rugissements enragés
des hyènes
rien pour nous apeurer
aucune crainte ne tient
devant la mort
toujours imminente
peu à peu
assoupie par l'aube
l'anxiété s'est tue
l'accalmie s'étale
dans la clarté du matin
il faut tout oublier
ne plus se souvenir
sortir et chanter
ne plus souffrir
se laisser réchauffer
par les rires
de ce début printanier
les arbres piaillent
ils gazouillent
ils offrent leurs bras nus
en perchoirs
aux pépiements des oiseaux
le coeur
hors de sa tanière
cligne des yeux
ébloui par la clarté du jour
il sent le bonheur
à portée de la main
le temps est beau
c'est la saison des amours
il ne reste plus
qu'à fleurir dans le jardin
sous les caresses de la brise
qui dissipe tout chagrin
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