23 mars 98



Appréhension nocturne

quand l'azur du ciel s'assombrit
que la nuit chasse la clarté du jour
je ressens quelquefois
au seuil de mon âme
un tressaillement d'épouvante
qui surgit du fond des entrailles
trace indélébile de l'enfance

quand la peur m'envahit
je me retourne vers toi
dans tes yeux si brillants
la lune est en son plein
j'y retrouve le calme serein
de ta présence rassurante
j'oublie les mauvais présages
la hantise des affreux regards
que jettent au-dedans de moi
d'anciens cauchemars

les traits de ton visage
fins et graciles
m'emportent au gré des vagues
berceuses et tranquilles
vers ton rivage sablonneux
sur la douceur de ton épaule
où je dépose dans son creux
ma tête apeurée qui s'apaise
me voilà en sécurité
et doucement
tout doucement
je m'endors