8 mars 98
L'Apocalypse
on a le souffle court
on court après la vie
il nous semble qu'on la rattrape
mais elle nous nargue de son oeil torve
sans vergogne elle nous échappe
on entend les chevaux qui galopent
hors d'haleine ils hennissent
ces étalons de l'Apocalypse
ils traînent avec eux les pires malheurs
leur gueule crache le feu avec fureur
ils s'abattent sur nous de façon inattendue
ils foncent si vite droit devant eux
qu'on ne les a pas vus venir ni entendus
et voilà qu'ils martèlent la terre
de leurs sabots en furie
qu'ils apportent souffrances et maladies
on a le front embrumé de douleur
le visage mouillé de nos pleurs
des parents et des amis
sont moribonds sur leur lit
ils implorent le ciel de les épargner
et celui-ci reste muet
impassible
faut-il se mettre à genoux
demander pitié
pour éloigner le courroux
de ses bêtes en folie
à l'avance on a perdu la partie
on le sait sans se l'avouer
la mort n'est que l'envers de la vie
et quand elle vient nous chercher
c'est que tout est fini
que tout a été dit