22 décembre 98


Angoisse

on se sent fatigué
épuisé
par la noirceur des jours
on cherche ses rêves
ils se sont perdus
égarés dans la nuit
on se souvient de leur sourire
de leur parfum
ils se sont enfuis
on ignore pourquoi
on n'a plus rien à dire
on se tait
attristé
on reste coi
sans raison malgré soi
on ressent en nous un malaise
quelque chose qui nous envahit
on ne sait quoi
mais on entend une plainte
quelque part geindre une voix

le coeur lui l'a vue
il a reconnu son étreinte
celle de l'angoisse
compagne de misère
sans yeux
sans visage
au sourire hideux
au profil d'épouvante
aux doigts osseux
présence qui s'insinue
sans que l'on puisse l'éviter
elle qui s'invite
à l'improviste
inattendue
elle se loge dans un coin
au fond des entrailles
et on reste là comme un enfant
sans bouger
figé dans un effroi qui nous tenaille