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bien sûr c'était une prostituée parmi tant d'autres elle était à demi nue dans une de ces rues mal famées ses yeux beaucoup trop fardés m'ont quand même ému elle était superbe et attrayante j'étais jeune et encore puceau combien de fois ai-je passé devant elle le coeur en émoi qui battait à éclater n'ayant pas l'audace de lui parler bien sûr c'était une belle de nuit ses cils ployaient sous le mascara ses lèvres carmin luisaient dans l'ombre sous les néons qui clignaient de l'oeil elle exhibait sa poitrine bien ronde ses seins se serraient l'un contre l'autre sa jupe qui était fendue tout du long montrait ses jambes aguichantes et fuselées elle allait et venait sur ses hauts talons dans l'attente d'un client pour monter bien sûr c'était une fille de joie elle était d'une beauté attirante je l'ai accostée pour lui bafouiller quelques mots je l'ai suivie un peu honteux jusqu'à l'hôtel une chambre minable à la lumière tamisée parlant avec douceur elle s'est déshabillée elle était jolie à regarder et si désirable on a fait l'amour et j'ai tout de suite aimé j'ai laissé dans la rue des Martyrs à Pigalle dans les bras de cette inconnue mon pucelage bien sûr c'était une pute elle me pressait contre elle avec tendresse elle me chuchotait des mots de miel à l'oreille des mots que j'entendais pour la première fois des mots que j'ai cru moi qui ne m'aimais guère elle m'a amené jusqu'au septième ciel sa peau chaude était si bonne contre ma chair jamais je n'oublierai cette première femme dont je ne me souviens même plus du visage et qui m'a révélé la splendeur de ses charmes bien sûr c'était une putain mais cette initiation d'adolescent demeure pour moi un souvenir impérissable je ne trouve en cela rien d'indécent je serai toujours redevable à cette étrangère qui m'a donné cette nuit torride et mémorable où j'ai pensé pour la première fois que quelqu'un pouvait m'aimer pour ce que je suis tromperie qui m'a donné confiance en la vie en me dévoilant les exquises douceurs de l'amour 1998
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