Le 1er juin 99
Amertume

quand mon âme
se noyait dans son chagrin
tous ont fermé les yeux
refusant de lui tendre la main
je suis parti avec le vent
le regard éperdu
j'ai sondé partout lacs et forêts
à perte de vue
à la recherche de sollicitude
à l'ombre des forêts
au fond des grottes secrètes
celles qui sont sans voix
aveugles et sourdes de silence
je n'ai trouvé qu'affliction
face à l'indifférence
aucune étreinte de compassion
aucun réconfort à coeur humain
aucune consolation
fissure béante du vide
je me suis emmuré dans ma détresse
j'ai injurié les astres indifférents
j'ai renié les forces qui font germer le sol
appelant sur lui le mauvais oeil
pour qu'il devienne stérile
de la stérilité des pierres
qui n'engendrent que galets
ou que sable
j'ai appelé à l'aide
de la force de tous mes membres
mais les cris et leurs échos se sont éteints
dans les profondeurs des gouffres
je me suis étendu sur la terre
à la recherche de mes racines
jusqu'au moment où enfin le sommeil
me prenant dans les bras de la nuit
m'a apporté la paix
et sur les ailes d'un songe
je me suis envolé
aux pays des merveilles



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