quand mon âme se noyait dans son chagrin tous ont fermé les yeux refusant de lui tendre la main je suis parti avec le vent le regard éperdu j'ai sondé partout lacs et forêts à perte de vue à la recherche de sollicitude à l'ombre des forêts au fond des grottes secrètes celles qui sont sans voix aveugles et sourdes de silence je n'ai trouvé qu'affliction face à l'indifférence aucune étreinte de compassion aucun réconfort à coeur humain aucune consolation fissure béante du vide je me suis emmuré dans ma détresse j'ai injurié les astres indifférents j'ai renié les forces qui font germer le sol appelant sur lui le mauvais oeil pour qu'il devienne stérile de la stérilité des pierres qui n'engendrent que galets ou que sable j'ai appelé à l'aide de la force de tous mes membres mais les cris et leurs échos se sont éteints dans les profondeurs des gouffres je me suis étendu sur la terre à la recherche de mes racines jusqu'au moment où enfin le sommeil me prenant dans les bras de la nuit m'a apporté la paix et sur les ailes d'un songe je me suis envolé aux pays des merveilles |