Le 9 octobre 98


À la dérive

navires à la dérive
au milieu de la mer
nous sommes aveugles
ignorants de notre destin
le regard se perd au loin
à la limite du champ de vision
il ne discerne tout autour
que le même horizon
celui-ci se pose là
et il se pose ici
semblable à lui-même
il se présente indéfinissable
car confondus sont le ciel et la mer
nous ne pouvons rien y distinguer
si ce n'est le vide
nous avons perdu notre route
les vents indifférents
se sont abattus
ou s'en sont allés
abandon
solitude
nous n'avons plus rien
pour nous guider
ni sextant ni boussole
seuls au monde
sur cette étendue infinie
ce désert d'eau
qui s'étale au soleil à perte de vue
sans aucune ombre
nos carcasses se laissent porter
espérant bientôt voir un rivage
espérant y découvrir un port
qui nous ouvrira ses bras
ceux de sa rade accueillante
pour que nous puissions enfin
y jeter l'ancre



*
(Retour à l'accueil)