29 juillet 98



Agonie urbaine

la ville crève de chaleur
elle étouffe
s'asphyxie sous un ciel de plomb
elle se meurt à petit feu
de sa propre pollution
les véhicules en rois et maîtres
la sillonnent à plein gaz
en tous sens
ils se croisent
se font des queues de poisson
les camions et les voitures
sont en compétition
parfois ils se frappent
se font la guerre
ils peuvent être féroces
se mettre en colère
engueuler les piétons
les piétiner
les blesser
les tuer
comme des bolides
ils foncent
ils se conduisent
comme des fous
il n'y a personne
derrière les volants
que des robots mécaniques
qui ne pensent à rien
qui perdent leur humanité
quand ils sont dans leurs engins
la cité a du mal à respirer
l'air y devient mortel
la mégapole meurt à petit feu
mieux vaudrait l'achever
pour de bon
d'un coup de feu



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