Le 1er août 99
Adieu ballons

on lâche les ficelles
et les nuages s'envolent
disparaissent dans le bleu du ciel
comme des sourires
heureux
on a le coeur en fête
comme un enfant
qui court sur le gazon vert
qui se met à l'ombre
des pins parasols
qui peignent des taches sombres
sur le sol
on rigole
et puis il y a ce pincement au coeur
sournois
quelque chose que l'on croyait oubliée
qui vient brouiller les couleurs
les teintes du bonheur
c'est comme une voix
venue d'autrefois
du fond de soi
qui parle tout bas
celle d'un bambin dans un jardin
dans le passé tout au loin
qui pleure de chagrin
parce que par mégarde
il a ouvert les mains
et que multicolores
se sont enfuis ses ballons
ils se perdent dans les cieux
ils ne sont déjà plus là
ce ne sont plus que des points
si petits
qui s'évanouissent dans le firmament
et qui le laissent malheureux
inconsolable
attristé



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