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on regarde au-dedans au plus profond de soi on ne distingue qu'une partie des choses on ne se reconnaît plus plus tout à fait le temple en partie délaissé est à l'abandon des colonnes se sont écroulées des dieux ont transporté ailleurs leurs pénates des lares hantent certains lieux cachés souvenirs enfouis que l'on croyait oubliés ils sont là sous les piliers on sent leur présence corps sans vie remords qui nous pincent le coeur que l'on voudrait renier rayer de la mémoire l'aube se tapit déjà sur la plage les vagues incessantes viennent agoniser en gémissant se fracassent et disparaissent le vent violent hurle au-dessus de la mer heurte les vieilles pierres à quoi bon s'agiter se révolter la mort rode n'est pas loin à quoi bon crier on ne peut rien changer de ce qui a été tissé on est prisonnier de son île insulaire de sa vie à tout jamais on est soi 1959-1960
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