j'ai mal à ton coeur toi jeune femme qui vit dans la peur là où le bruit résonne de la gueule des canons de celle des fusils tu protèges tes enfants pendant que ton mari défend le village réfugié dans le maquis où il tente de repousser les soldats sous le sifflement des balles celles des frères ennemis dans une guerre stupide fratricide qui tout détruit pour un bout de frontière pour un pont pour un lopin de terre au nom de la religion mon amie ma soeur je meurs de ta souffrance j'ai mal à tes yeux qui ont vu les militaires hisser leur drapeau arrogants et fiers au mat de la mairie qui ont ramené enchaînés ton amour ton mari et ses compagnons humiliés et amaigris puis devant ton regard horrifié sans procès sans compassion ils les ont fusillés ont pris leurs biens incendié leurs maisons au son du tocsin ils ont en ignorant la pitié égorgé tes enfants ceux des autres aussi malgré les insupportables cris mon amie ma soeur je meurs de ta souffrance j'ai mal à ton sexe quand ils t'ont dévêtue comme toutes les autres femmes quel que soit leur âge fillettes ou vieillardes ils les ont mises nues puis vous jetant par terre ils vous ont violées à plusieurs reprises pour vous ensemencer d'une descendance pure celle de leur race leur progéniture celle des rapaces puis ils sont partis leur travail terminé vers un autre village laissant les survivants errer ici et là désespérés comme des morts vivants mon amie ma soeur je meurs de ta souffrance 4 janvier 99 |