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l'ordinateur-bracelet se cramponne à mon poignet et avec lui monde il débite des giga-octets jours et nuits sans arrêt je lui dicte un poème qui aussitôt traduit en cent langues fait le tour des galaxies à peine terminé il circule en orbite sous formes d'images-sons l'internet démultiplie les bits quadrature du cercle sur trois dimensions la télématique mange l'espace dévore le temps les gens se parlent sans se voir branchés aux ondes hertziennes dans un isoloir ils conversent sans se connaître en une fraction de seconde ils traversent l'équateur sautent au-dessus des pôles alors qu'ils sont là sans se voir l'un contre l'autre épaule contre épaule le temps n'a plus de temps il est trop pressé tout va trop vite trop vite pour la pensée trop vite pour s'arrêter alors je ferme tout je me débranche je me mets à l'écart hors circuit pour un instant celui d'écrire un poème en prenant tout mon temps une fois achevé il partira si vite dans sa ronde autour de la terre que personne ne pourra ralentir le pas pour le prendre au vol pour le lire télématique micro-informatique c'est le vol des mégabits dans l'interplanétaire du silence dans le bruit de la solitude 15 mars 2000
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