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dans la gorge la colère étouffe ses cris le coeur se débat dans sa cage et rugit la bouche muette tente de hurler à tue-tête contre les injustices et les souffrances pour enfin briser ce lourd silence cette tiède et sourde indifférence qui préservent nos habitudes familières notre confort et notre bien-être des pays sont à feu et à sang sur tous les continents aux quatre coins de la terre des hommes s'entre-tuent entre frères ils enrichissent les trafiquants de canons négocient avec eux dans leur riche salon l'achat d'armes pour faire la guerre les bombes rasent les villes comme la lave qui coule des volcans sans épargner les civils vieillards autant que femmes et enfants les réfugiés errent le ventre affamé n'ont pas le nécessaire pour se soucier de la vertu pillent et volent pour subsister d'autres sont torturés ou battus enfermés et oubliés dans les prisons tués sans procès ni raison partout il y a des femmes dont on abuse kidnappées et violées certaines que l'on achète et que l'on vend pour ceux qui en tirent des revenus ou s'en amusent des enfants dans certaines régions sont exploités enlevés et réduits à l'esclavage ils travaillent au fond des mines ou dans des échoppes sordides ils font la fortune des marchands de tapis des profiteurs de tout acabit qui confisquent leur enfance sans remords ni souci d'autres jeunes vivent de mendicité ou doivent se prostituer pour des touristes pervers et cossus d'autres encore se voient obligés de se transformer en dealers et de se droguer sous l'emprise de salauds trop trouillards pour se salir les mains qui se servent de gamins pour faire leur sale boulot ils agissent sans crainte protégés parce qu'ils sont puissants parfois même par les gouvernements les cris de révolte meurent dans la gorge on se sent désarmé face à tant d'iniquités on ne peut que se mettre à genoux lever les bras vers le ciel pour clamer à haute voix son dégoût 1998
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