Bannière

Le
liste des auteurs
 [ ... ] Albin, Jacques
 [ ... ] Alcyon
 [ ... ] Bailly, Philippe
 [ ... ] Bardou, Brigitte
 [ ... ] Bataille, Marie
 [ ... ] Bégué, Emmanuel
 [ ... ] Bernier, Bruno
 [ ... ] Bertrand, Huguette
 [ ... ] Boucher, Christian
 [ ... ] Brillon, Yves
 [ ... ] Chaudagne, Éric
 [ ... ] David, Claude
 [ ... ] Dif, Jean
 [ ... ] DiSanzo, Vincent
 [ ... ] Doyon, Paule
 [ ... ] Dubé, Daniel
 [ ... ] Dubé, Frédérique
 [ ... ] El Gorfté, Abderrahman
 [ ... ] Ferreira, Jean-Charles
 [ ... ] Hiriart, Emmanuel
 [ ... ] Lamiel, Miguel
 [ ... ] Lemay, Sophie
 [ ... ] Méliade, Stéphane
 [ ... ] Michiel, Archibald
 [ ... ] Mounier, Éliane
 [ ... ] Nath
 [ ... ] Nouvel, Isabelle
 [ ... ] Pinat, Étienne
 [ ... ] Ripoll, Guy
 [ ... ] Riquier, Jean-Marc
 [ ... ] Seassau, Mireille
 [ ... ] Suquet, Cyril
 [ ... ] Veludo, Pedro

[ Interface gratos ] --- Le gratuit c'est ESSENTIEL  

[::Designed by DHP::]


Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © Daniel Dubé et les auteurs participants.

[ ... ]

Pedro Veludo
 


Les arbres de mon chemin

 

[ ... ] -I-

Mille dessins insensés

te tatouent. Mille formes

te forment, te déforment et

te font exister. Je t'enlace

et sens mes formes se fondrent

avec les tiennes. J'avale à petits

traits

l'instant de notre impossible union

et me retire avec mon corps

marqué,

pour toujours, par le tien.

 

 

*

 

[ ... ] -II-

Si je pouvais, je grimperais

au plus haut de tes rameaux,

je choisirais la plus tiède de tes

branches,

et y ferais un nid pour mes désirs.

Puis, un à un,

j'alignerais les chants que le vent

entonne dans tes feuilles, leur

ajouterais les rires des oiseaux

et me laisserais aller au rêve,

Rien qu'un instant.

Si je pouvais...

*

[ ... ] -III-

Ton corps, à l'odeur de terre,

détient mes pas.

Qu'est-ce qui aurait pu faire croître

ces rameaux si droits en direction

de la source et ces autres

décrire autant

et de si capricieuses courbes?

Qu'est ce qui aurait pu rendre ton

tronc

si tendre au toucher et moelleux

quand on s'y asseoit?

lainJe reprends mes pas lentement,

mais, un peu plus loin, je m'arrête

et te regarde à nouveau;

qu'est-ce qui aurait pu me détenir,

m'obliger à te toucher et...

... écrire ces choses?

 

*

 

 

[ ... ] -III-

Tes cartes (merveilleuses

imperfections), marquées

au hasard sur ton corps, sont

chemins par lesquels naviguent

les canots de mon imagination.

Si certains jours, en passant

indifférent, je ne les remarque pas,

cela ne veut point dire

que je sois loin de toi. Cela veut

dire

(terrible aveu) que je suis

loin de moi-même.

*

[ ... ] -V-

Le vent siffle dans tes vieilles

branches d'étranges chants.

Hier tu n'étais presque rien et

aujourd'hui tu n'es presque rien.

 

des semences qui te feront

renaître en d'autres êtres

me rappellent que mes mots

sur le papier me feront aussi

renaître,

chaque fois qu'on les lira.

Pour un instant, j'imagine

"éternité" n'être que cela.

*

[ ... ] -VI-

Les épines qui me protègent

ne me laissent pas te toucher.

Je te regarde et sens les

cuirasses

hérissées d'épines

avec lesquelles je me recouvre

et qui me "protègent"

m'écartant de tout ce qui

m'entoure.

Je te regarde à nouveau

et me demande porquoi.

*

[ ... ] -VII-

Je sens comme si c'était sur la

mienne,

ma soeur, la blessure qu'ils ont faite

sur ta poitrine. Plus tard,

à l'aube, je reviendrai.

Je sais que je ne serai pas capable

de curer ta douleur, mais

promets de cueillir quelques uns

de tes fruits et de les emporter

vers des contrées

où les seules armes connues

seraient le soleil dardant ses

rayons,

de bon matin, et le retentissement

des rires des enfants, au

crépuscule

*

[ ... ] -VIII-

J'observe l'harmonie avec laquelle

ton tronc soutient son ramage.

Je t'écorche légèrement

et hume la sève de tes entrailles.

Je me sens enivré. Ton corps

réveille em moi des sensualités

ignorées.

Un étranger passe. Sérieux,

je fais quelques pas en arrière et

t'examine avec un air catalogueur

feint.

Se sera-t'il... aperçu?

Je me retire, prenant congé de toi

avec un regard de travers.

 

©Pedro Veludo

 

Le lien web de l'auteur: sous son nom, ci-haut.
   Page d'accueil   --  Courrier [ ... ]
10011.gif (1092 octets)