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| Le
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Albin, Jacques |
Alcyon |
Bailly, Philippe |
Bardou, Brigitte |
Bataille, Marie |
Bégué, Emmanuel |
Bernier, Bruno |
Bertrand, Huguette |
Boucher, Christian |
Brillon, Yves |
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David, Claude |
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DiSanzo, Vincent |
Doyon, Paule |
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Nath |
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Ripoll, Guy |
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| Paule Doyon |
(extrait de Les bruits de la terre, Écrits des Forges)
Le drame
Un arbre est mort hier
Et ce fut un grand deuil dans ma rue
Un grand érable est mort
Pendant que je buvais mon café, à petites gorgées
dans la tasse à la rose
J'entendais le bruit terrible des hommes à la scie
Car un arbre qui meurt reste encore longtemps debout
Je buvais mon café, à petites gorgées
pendant qu'on achevait l'arbre à quelques pas de moi
dans un vacarme à ressusciter toutes les feuilles
qui, à l'été, ne lui étaient pas venues.
Un arbre est mort, pendant que je buvais mon café
dans la tasse à la rose.
Ensuite la rue est redevenue paisible.
Mais il reste toujours ce grand cercle d'or
à deux pas de ma porte
Et je bois mon café, à petites gorgées
dans la tasse à la rose.
(extrait de 48 poses, Écrits des Forges)
Je n'écris rien
qui ne soit mouvement de l'eau
cocotte de pin
ou lièvre qui passe
Je deviens une image du paysage vivant
densité de la pierre
vert extrême
vibration des feuilles.
Je demeure au centre du silence
Loin des villes
où les moteurs remplacent le coeur des oiseaux
où il n'y a plus de ciel
pour mettre les étoiles la nuit
(extrait de Éclats de paroles, Écrits des Forges)
Enveloppée dans une parole
Comme dans une lumière
J'écoute les aboiements du bonheur
Derrière la forêt de pierres
Sur ma peau de zinc passe un brouillard de soupirs
Sur mon aile se tracent les lignes du destin
Monte le vrombissement du silence
Pendant que la vie aux gestes doux
avance dans ses chaussures de crêpes
sur la piste grêlée du monde
(extrait de Les bruits de la terre, Écrits des Forges)
L'ivre-temps
Des pierres poussent
là où rien ne croît
dans l'ivre-temps
Plus beau qu'«asphodèle»
retige un mot
un mot de terre
un mot de lenteur
aux fleurs violettes
Dans la nuit
où s'incruste l'ébène
tout est caché
La grande bête du jour
dort jusqu'à demain
Je bois la nuit par tous mes pores
Les loups ont avalé toute la lumière
Les loups crépus jusqu'à l'âme
font pirouetter la chambre
où un couple danse sous les draps
(extrait de Rire fauve, Écrits des Forges)
Je ne sais rien du tout de la cité du rire où les
phrases, minuscules énervements, tapent de la gueule contre les lunettes de l'ombre. Je ne vois qu'un grand feu d'arbres morts sur la neige. Superbes chaînes noires et émues de guitares dévidant de terribles histoires pour fêter la barre givrée des Boeings. Écoutez! les glaçons tintent au-dessus des asiles où se sont jointes les herbes diverses dans les rires vides des yeux d'hyènes.
Vous vous rendez compte, sur les ruines
déterrées des choses poussent maintenant des impulsions
toutes électriques?
(extraits de Musiques blanches, Écrits des Forges (2000)
Les myosotis ont cessé de voler
sous les arbustes
Leurs têtes légères sont devenues
un fou froid bleu
L'oiseau de porcelaine
boit à la rose de métal
Les fantômes de la mer
ne hantent plus la montagne
Les feuilles ont perdu leur murmure d'eau
Un silence glacé glisse entre les arbres
Les spectres de la brume tendent
de longs corps alanguis
d'une branche à l'autre
Les arbres attendent dans le froid
leurs chevelures perdues
Leurs bras ballants se reposent des oiseaux
Ils sont devenus d'étranges choses
Des ombres noires comme des chauves- souris
Dans ce pays terrible
le froid apprend aux clous à parler
Leurs paroles ne sont encore qu'onomatopées
Demain, ils écriront des poèmes
©Paule Doyon
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Le lien web de l'auteur: sous son nom, ci-haut.
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