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| Le
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Albin, Jacques |
Alcyon |
Bailly, Philippe |
Bardou, Brigitte |
Bataille, Marie |
Bégué, Emmanuel |
Bernier, Bruno |
Bertrand, Huguette |
Boucher, Christian |
Brillon, Yves |
Chaudagne, Éric |
Chatillon, Pierre |
David, Claude |
Dif, Jean |
DiSanzo, Vincent |
Doyon, Paule |
Dubé, Daniel |
Dubé, Frédérique |
El Gorfté, Abderrahman |
Ferreira, Jean-Charles |
Hiriart, Emmanuel |
Lamiel, Miguel |
Lemay, Sophie |
Méliade, Stéphane |
Michiel, Archibald |
Mounier, Éliane |
Nath |
Nouvel, Isabelle |
Pinat, Étienne |
Ripoll, Guy |
Riquier, Jean-Marc |
Seassau, Mireille |
Suquet, Cyril |
Veludo, Pedro |
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| Pierre Chatillon |
Lessive
Laver la Terre
une fois pour toutes
laver de tous ses maux
des morts, des guerres
et la suspendre propre enfin
à une corde de lumière
entre la lune et le soleil
(Pierre Chatillon, Le violon soleil, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 1987, p. 14)
*
La planète Elle
Si j’interroge l’avenir
dans les boules de cristal
des yeux de mon amour
je ne vois qu’elle je ne vois qu’elle
après les terribles secousses du cœur
quand se reforme une image de beauté
dans le kaléidoscope de ma vie
c’est encore elle que je vois c’est elle
si j’observe le fond de l’univers
par un énorme télescope
braqué sur l’infini
comme un œil de cyclope
je ne vois qu’elle
si j’examine au microscope
le secret de la matière
pour savoir d’où je viens
d’où vient la vie
grossie mille et mille fois
à l’origine du monde
c’est elle que je vois
si je m’envole dans les airs
parmi les grands oiseaux
dans les miroirs de plumes de leurs ailes
je ne vois qu’elle
sur le ventre de la terre sur les seins de la mer
dans la chevelure des arbres et la chair des fleurs
partout je ne vois qu’elle
si je regarde au-delà de la nuit
au-delà de la mort
par le trou de serrure lumineux de la lune
je ne vois qu’elle
si je fixe à midi le soleil
je ne vois qu’elle je ne vois qu’elle
je ne vis plus sur Terre
je vis sur la planète Elle
(Pierre Chatillon, Amoureuses, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 1999, p. 147)
*
Un jour je partirai
Un jour je partirai
ce sera tout au bord de la mer
je marcherai sur l’eau
chaussé d’écume aux semelles de reflets
je marcherai sur l’eau
léger comme la voile d’un bateau
dont le sillage d’un instant
s’efface et se perd
parmi les houles de la mer
ce sera par un somptueux soir d’été
une femme à l’horizon je la reconnaîtrai
je la reconnaîtrai ce sera la Beauté
me fera signe de la suivre
lors oublieux de tout le mal du monde
ma figure s’éclairera
d’une grande lueur intérieure
et m’élevant comme une impondérable brume
au-dessus des flots noirs de la mer
je passerai sans heurts le seuil de l’infini
fermant soigneusement derrière moi
la porte rouge du soleil
(Pierre Chatillon, La porte du soleil, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 1997, p. 104)
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